vallee culture: Prochaine saison au T2G

Théâtre

Prochaine saison au T2G

Présentation de saison au T2G - Photo : Patrice Aurand ,

À feuilleter l'agenda 2011-2012 du Théâtre de Gennevilliers (un agenda, un vrai, avec des pages à remplir tout au long de l'année), on aurait presque envie d'écourter les vacances d'été.

C'est une habitude : en mai, le T2G présente au public la saison à venir. Cette année, nous avons dans les mains un bel objet jaune tapant : l'agenda 2011-2012 qui contient une nouvelle série de photos de Nan Goldin. Dans la salle bien remplie, les artistes de la prochaine saison sont réunis sur scène autour d'une grande table ronde. Pascal Rambert en est le maître de cérémonie. Le directeur du théâtre entame sa quatrième saison avec la même conduite dans sa programmation : pas de répertoires, des auteurs vivants, des artistes qui se méfient des choses et proposent des visions inédites. Rambert ajoute : révolutionnaires.

La saison s'ouvre sur la nouvelle création du directeur mais il n'en parlera qu'à la fin pour en donner le titre (Clôture de l'amour), le sujet (la rupture d'un couple) et un topo sommaire (c'est dur). Sa pièce verra le jour cet été à Avignon. Tanguy Viel prend alors la parole. Il est l'auteur des textes sur les spectacles de la prochaine saison. Enfin du texte car ils forment un tout, une présentation reptilienne où la plume de Viel évolue comme un serpent éloquent et curieux. Puis l'écrivain quitte la table pour rejoindre Mathilde Monnier et Loïc Touzé dans Nos images qui se joue à côté.

Joris Lacoste enchaîne et nous parle de son Vrai Spectacle. Non ce n'est pas prétentieux, au contraire, c'est modeste. Il a choisi de jouer à Gennevilliers pour la qualité des fauteuils car, avoue-t-il, il adore dormir au théâtre. Véritable séance d'hypnose collective, « ce spectacle est celui qui a lieu dans votre tête ». Une drôle d'expérience à vivre du 9 au 19 novembre. À cette même période on pourra non plus « dormir » mais s'allonger sur scène pour voir Castor et Pollux de Cecilia Bengolea et François Chaignaud. La pièce se jouera dans les airs, et le jeune chorégraphe raconte comment il compte exploiter toute la machinerie du théâtre pour renverser les perspectives de sa pièce.

La présentation se poursuit avec les pièces en cours de création : leurs auteurs tentent d'en donner la couleur ou d'en esquisser les contours. François Tanguy, du théâtre du Radeau, parle de Onzième comme d'une promenade entre les eaux et les forêts. Hubert Colas, élève chez Vitez à la même époque que Rambert, a choisi le sujet de la peur pour sa pièce qui s'intitulait initialement Stop avant de devenir Tout est bruit pour qui a peur. Pour la danseuse Myriam Gourfink, parler de sa prochaine pièce est plus simple : chacune de ses créations la conduit vers la prochaine, en l'occurrence Une lente mastication. Elle a choisi le jardin du château de Versailles, entre les tomates et les choux, pour mastiquer cet été sa création afin que le public de Gennevilliers savoure le jus de sa réflexion du 2 au 9 février. Autre création en gestation : Thanks to my eyes, l'opéra de chambre d'Oscar Bianchi et de Joël Pommerat, une première pour les deux artistes.

On finit avec une nouveauté : ReGen ou Retour à Gennevilliers. Pascal Rambert a souhaité programmer des collectifs déjà venus dans le cadre du festival des Très Jeunes Créateurs contemporains. On verra Les Chiens de Navarre dont les 8 membres travailleront (mais ce n'est pas encore sûr) sur la culture et la paranoïa, notamment autour de Daniel Paul Schreber, paranoïaque très étudié par Freud et Lacan. Das Plateau offrira Notre printemps. Quant à l'Institut des recherches ne menant à rien, ils se concentreront justement sur ce rien qui peut être jubilatoire.

Auteur : ASJ

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